IP Paris accélère son développement et dévoile sa nouvelle feuille de route stratégique
Fort de ses six écoles et de la dynamique engagée depuis sa création, l’Institut Polytechnique de Paris franchit une nouvelle étape de son développement. Institut de sciences et technologies, rassemblant l'École polytechnique, l'ENSTA, l'École nationale des ponts et chaussées, l'ENSAE Paris, Télécom Paris et Télécom SudParis, IP Paris renforce ses ambitions autour de grands défis scientifiques et technologiques qui sont au cœur de l’actualité : défense et souveraineté, transitions écologique et énergétique, intelligence artificielle et technologies de rupture.
Face à une compétition internationale accrue, l'Institut Polytechnique de Paris s’appuie sur trois leviers : la transformation de son campus au service de ses priorités scientifiques, l'investissement dans la recherche à risque et l'innovation de rupture ainsi qu’une politique renforcée d'attractivité des talents, avec un ancrage européen renforcé et de nouvelles priorités de coopération en Asie.
« En quelques années, nous avons fait d’IP Paris un institut de sciences et de technologies qui compte parmi les références mondiales. Face aux grands défis de notre époque, nous avons une responsabilité : mobiliser toute notre puissance scientifique pour produire des connaissances et des solutions qui répondent aux besoins de la société. », déclare Thierry Coulhon, président du directoire d'IP Paris.
Un campus en profonde transformation pour accroître le potentiel scientifique d’IP Paris
À Palaiseau, IP Paris connaît une transformation importante de son campus, avec de nombreuses opérations immobilières en cours qui améliorent les conditions d'accueil et de vie. Le site bénéficie par ailleurs du développement plus large de Paris-Saclay : arrivée de la ligne 18 du métro, dynamique Paris-Saclay 2035 et ambition portée par la Région. Le modèle d’IP Paris repose aussi sur la complémentarité de plusieurs implantations, à Évry, Champs-sur-Marne et Brest, au plus près des expertises et des territoires de ses écoles. L'objectif est de disposer d'un environnement capable d'attirer et de fidéliser les meilleurs talents, au service de la compétitivité académique et scientifique de l'Institut.
Défense et souveraineté : un nouveau pôle de référence sur le campus
La défense et la souveraineté figurent dans l’ADN d’IP Paris, dont deux écoles, l’École Polytechnique et ENSTA, sont placées sous la tutelle du ministère des Armées.
En mars 2025, ce dernier a annoncé une montée en puissance significative de ses activités sur le campus. Le pôle recherche de l'Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de défense (AMIAD), inauguré le 4 mars 2025 sur le campus de l’École Polytechnique au sein du X-Novation Center, renforce l'écosystème de recherche en matière de défense et les collaborations avec IP Paris.
Cette dynamique doit se poursuivre avec la création d’un Institut de défense sur le campus de l’X, dont la construction est financée à hauteur de 15 M€ par le ministère des Armées. Dédié aux enjeux de défense et de sécurité, il articulera recherche, formation et innovation. Il réunira notamment le pôle recherche de l’AMIAD, le Centre interdisciplinaire d’études pour la défense et la sécurité (CIEDS) d’IP Paris, le Lab Quantique de Défense de l’AID et des équipes spécialisées en cybersécurité, avec une montée en puissance progressive des effectifs à horizon 2030.
Conçu comme un lieu totem de l’innovation de défense, l’Institut de défense fera le lien entre IP Paris, le ministère des Armées, la Direction générale de l’armement (DGA), l’Agence de l’innovation de défense (AID) et les nombreux acteurs industriels de la défense avec lesquels IP Paris travaille déjà afin de renforcer les collaborations entre recherche, formation et industrie.
Cette transformation répond à la montée en puissance des besoins de la Nation en ingénieurs et compétences scientifiques de haut niveau, et s'inscrit dans le développement des formations et des activités de recherche qui y répondent.
Quelques exemples :
- À l’École polytechnique, tous les élèves du cycle ingénieur suivent depuis cette année un cours obligatoire consacré aux enjeux de défense et de souveraineté. Un bachelor en cybersécurité / cyberdéfense a également été développé depuis 2024 entre l’EPITA, le ministère des armées et l’Ecole polytechnique avec une promotion de plus de 100 élèves dont 30 sous statut militaire.
- L’ENSTA avec ISAE-SUPAERO a lancé à la rentrée 2026 une formation d’ingénieur Défense & Sécurité unique en France pour préparer des ingénieurs à concevoir et piloter les grands systèmes de défense, de la cybersécurité et de l’IA au naval, à l’aéronautique et au spatial, avec près de 100 élèves civils et militaires inscrits.
- A Télécom SudParis, un parcours Défense et souveraineté numérique enrichit le cursus de l’école d’ingénieurs de la transformation numérique depuis la rentrée 2026. Créé dans le cadre du partenariat stratégique avec la Direction générale de l’armement (DGA), il vise à sensibiliser les futurs ingénieurs aux enjeux géopolitiques, économiques et technologiques de la défense nationale.
- La Chaire ASC (Architecture des systèmes complexes), portée conjointement par l’École polytechnique, l’ENSTA, Télécom Paris et Télécom SudParis, monte en puissance et irrigue désormais les formations des quatre écoles, du Bachelor au Master et aux cursus ingénieurs. Ses enseignements, qui couvrent l’intelligence artificielle, la robotique, la vérification des logiciels et des systèmes, le contrôle et les systèmes embarqués, réunissent jusqu’à une cinquantaine d’étudiants par cours.
La robotique, un nouveau champ d’excellence pour IP Paris
IP Paris entend faire de la robotique un domaine d’excellence, en s’appuyant sur les expertises de ses écoles, de la recherche fondamentale aux plateformes expérimentales. L'Institut dispose déjà d'une masse critique de 51 enseignants-chercheurs, autour de compétences clés en robotique et intelligence artificielle, systèmes embarqués, vision, IA de confiance et systèmes multi-robots.
Les applications de la robotique concernent la défense, le maritime, l’industrie et la construction. Elles s’appuient entre autres sur le Laboratoire de Robotique et d’Intelligence Artificielle de Défense (LARIAD), laboratoire commun ENSTA-AMIAD dédié à la robotique de défense, ainsi que sur des équipements de pointe, notamment à l'ENSTA avec un bassin d’expérimentation air-mer sur son campus de Brest, et une future arène à drones sur son campus de Palaiseau qui a vocation à devenir l’une des plus grandes volières à drones d’Europe, avec le soutien de la Région Île-de-France.
Le partenariat avec l’ONERA (Office national d'études et de recherches aérospatiales), formalisé par une convention en décembre 2025, doit consolider cet écosystème avec un nouveau bâtiment dédié à l’aérodynamique, l’aéroélasticité et l’acoustique, à proximité du pôle mécanique d’IP Paris inauguré en 2024. À terme, IP Paris envisage de structurer ces forces autour d’un Institut ou Centre de robotique, avec une ambition européenne et internationale.
Climat, énergie et transitions : de la recherche à l’expérimentation
Aux côtés des enjeux de défense, la transformation du campus accompagne le développement des recherches consacrées au climat et aux transitions écologiques et énergétiques, avec de nouvelles capacités et infrastructures dédiées.
Le campus devient lui-même un terrain d’expérimentation scientifique de la transition écologique, où les solutions d’atténuation et d’adaptation au changement climatique peuvent être testées en conditions réelles avant leur déploiement à plus grande échelle.
Il a vocation à devenir un véritable laboratoire à ciel ouvert pour tester des solutions de décarbonation : production et stockage d'énergie, réseaux électriques intelligents, bâtiments bas carbone, agrivoltaïsme, capture et valorisation du CO₂.
Plusieurs démonstrateurs, installés sur le campus de l’École polytechnique, illustrent déjà cette ambition, notamment AXEN, qui teste un modèle visant 60 % de réduction de la consommation énergétique et 80 % de réduction des émissions de CO₂. XSeaO2 explore la valorisation du CO₂ dissous dans l’eau de mer pour produire des carburants synthétiques non fossiles. Ces démonstrateurs de l’École polytechnique ont été rendu possibles en partie grâce au don exceptionnel d’Agnès et Stéphane Ifker (X 1993) à la Fondation de l’École polytechnique.
Smart Garden, développé à Télécom Paris, vise à lutter contre les îlots de chaleur urbains grâce à des objets connectés à haute efficacité énergétique, capables de maîtriser leur consommation tout en produisant ou récoltant leur propre énergie.
La transformation immobilière accompagne cette ambition, notamment au travers de Rénov’X, le projet de rénovation d’ampleur du bâtiment central et des laboratoires de recherche de l’École Polytechnique, et de l’arrivée de l’École nationale des ponts et chaussées (ENPC) dans le futur bâtiment « Le Central ». Celui-ci accueillera à horizon 2029 des activités de recherche et de formation, avec 170 postes de travail et jusqu’à près de 350 étudiants simultanément. L’implantation de l’ENPC à Palaiseau doit conforter les synergies scientifiques sur les enjeux d’adaptation et d’atténuation : ville résiliente, mobilités durables, eau, stockage du CO₂ et de l’hydrogène, matériaux, infrastructures et solutions fondées sur la nature.
IP Paris travaille également à la création d’un Institut des technologies de l’électrification, avec le CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) et IFPEN (IFP Énergies nouvelles). L’École nationale des ponts et chaussées y occuperait une place centrale, grâce à ses compétences sur la quasi-totalité des thématiques prioritaires identifiées et à son Co-Innovation Lab (CIL), qui associe équipes académiques et industrielles pour accélérer le transfert de la recherche vers l’industrie. Dans la gouvernance envisagée, l’ENPC piloterait, par subsidiarité, les projets partenariaux. Le projet pourra également s’appuyer sur les compétences de Télécom Paris en matière de sécurité des systèmes énergétiques.
Avec cet Institut, IP Paris entend organiser le passage de la recherche à l’expérimentation puis à l’industrialisation des technologies. Cela se traduira par le lancement de nouvelles formations.
De nouvelles infrastructures au service de la recherche fondamentale
Il n’y a pas de recherche appliquée ni d’innovation de rupture sans recherche fondamentale. La transformation du campus accompagne un investissement important dans les infrastructures scientifiques, dans un domaine où IP Paris dispose d’un positionnement d’excellence.
Annoncé à l'été 2026, le nouvel Institut de mathématiques et de sciences fondamentales de l'École polytechnique a vocation à profiter plus largement à l’ensemble de la communauté académique d'IP Paris et au-delà. Rendu possible grâce à l’engagement de Bernard Arnault, il prendra place au cœur du campus de Palaiseau à horizon 2030 pour constituer un pôle d’excellence français et un lieu d’échanges pour la communauté de recherche internationale au sein duquel mathématiciens, physiciens, informaticiens et étudiants, travailleront ensemble pour relever les défis scientifiques et sociétaux.
Un nouveau bâtiment dédié à la physique réunira les équipes du Laboratoire de Physique des Interfaces et des Couches Minces (LPICM) et du Laboratoire Leprince-Ringuet (LLR), deux unités mixtes entre l’X et le CNRS. La livraison est prévue début 2028 sur le campus de l’X et permettra aux chercheurs de bénéficier d’espaces adaptés à leurs travaux couvrant un large spectre de recherche fondamentale et de ses applications.
Ces nouvelles infrastructures s'accompagnent du renforcement des partenariats scientifiques avec le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et Inria, lesquels jouent un rôle central dans l'écosystème de recherche d'IP Paris.
Recherche à risque et innovation de rupture : IP Paris renforce ses investissements
IP Paris fait le choix d’investir dans le temps long et de donner davantage de moyens aux chercheurs pour explorer des idées audacieuses, dont les résultats ou même la faisabilité restent incertains.
Cette politique vise à soutenir des recherches à fort potentiel, qui trouvent difficilement leur place dans les dispositifs de financement traditionnels mais peuvent être à l’origine de véritables ruptures scientifiques.
FRONTIERS : 2,25 M€ engagés pour financer la prise de risque scientifique
Avec son nouveau programme FRONTIERS, lancé en 2026, IP Paris renforce son soutien à la recherche exploratoire et aux projets à fort potentiel scientifique, en permettant aux chercheurs d’explorer des changements de paradigme, de nouvelles méthodes ou des approches interdisciplinaires encore émergentes. Il s’agit de donner une place à la prise de risque scientifique, indispensable pour faire émerger les idées et les champs de recherche de demain.
Pour sa première édition, 2,25 M€ ont été engagés : 15 projets ont été sélectionnés parmi 72 propositions, avec 150 000 € attribués à chacun sur une durée pouvant aller jusqu’à 48 mois.
Biologie, physique, mathématiques, IA, économie, matériaux, sciences sociales : les projets couvrent un large spectre et associent les différentes écoles d’IP Paris. Parmi les projets retenus figurent notamment des travaux sur le refroidissement laser de matériaux 2D, de nouveaux systèmes quantiques, des matériaux architecturés extrêmes, l’IA appliquée à la géofinance ou de nouvelles approches en biologie cellulaire.
L’ambition est aussi de créer un effet levier : les projets les plus prometteurs seront accompagnés pour candidater à des financements nationaux et européens de plus grande ampleur, notamment France 2030 et les financements de l'ERC (Conseil européen de la recherche).
Des laboratoires aux startups : accélérer les innovations de rupture
IP Paris vise à consolider le continuum entre recherche et innovation, en intervenant plus tôt auprès des chercheurs et des doctorants pour accélérer la transformation des découvertes scientifiques en innovations de rupture.
L’Institut renforce son soutien à l’innovation issue de la recherche, en particulier aux travaux susceptibles de se traduire en technologies, produits et entreprises à fort impact. Ce modèle d’innovation s’appuie sur une recherche fondamentale de haut niveau.
Avec 45 laboratoires, IP Paris dispose d'un potentiel scientifique considérable. L'enjeu est de mieux détecter les innovations qui en émergent et d'accélérer leur passage de la recherche à la valorisation.
L’Innovation Lab d’IP Paris joue un rôle de catalyseur dans cette dynamique. Il détecte et accompagne les projets innovants à fort potentiel. Depuis sa création en 2025, la détection de projets a progressé de 40 %.
IP Paris renforce la prématuration, étape clé pour transformer les résultats scientifiques en premières preuves de concept. L'Institut y investit aujourd’hui près d’1 M€ par an pour développer les preuves de concept de 10 à 15 projets deeptech émergents. Ces financements vont encore augmenter grâce au projet A2-Line (avec la SATT et l’Université Paris Saclay) soutenu par la région Île de France.
Un nouvel appel à projets destiné aux doctorants permet d’agir plus tôt et de sensibiliser les jeunes chercheurs au potentiel de valorisation de leurs travaux et à leurs impacts scientifiques, technologiques, économiques et sociétaux.
Cette politique s’appuie sur toute une chaîne d’innovation, du prototypage à la création d’entreprise, avec cinq incubateurs et des fonds d’amorçage comme Polytechnique Ventures qui permettent d’accompagner chaque année plus de 120 startups et de faire émerger de nouvelles entreprises à fort impact.
Des exemples comme Plasana Medical, Allivia, Shiftelec ou Morpho illustrent cette trajectoire : recherche, prématuration, preuve de concept, puis transfert ou création d’entreprise.
Attirer les meilleurs talents dans une compétition internationale accrue
Dans un contexte de compétition scientifique et technologique mondiale accrue, IP Paris renforce sa stratégie internationale pour accroître son attractivité et sa visibilité parmi les grandes institutions scientifiques et technologiques mondiales.
L’objectif est de concentrer les efforts sur des partenariats capables de produire des collaborations scientifiques concrètes et durables. Cette politique poursuit trois objectifs : attirer les meilleurs étudiants et chercheurs internationaux, développer des coopérations à fort impact et renforcer le positionnement d'IP Paris dans les grands réseaux académiques mondiaux.
Europe : transformer les alliances en coopérations scientifiques concrètes
L'échelle européenne est indispensable pour atteindre une masse critique face à la compétition scientifique mondiale. IP Paris ambitionne de faire de ses alliances avec les meilleures universités européennes des collaborations scientifiques concrètes, capables de faire émerger les technologies stratégiques de demain et d'attirer comme retenir les meilleurs talents en Europe.
La présidence d’EuroTech par IP Paris en 2026 constitue un levier majeur de cette ambition. Elle s’accompagne du lancement de la stratégie EuroTech 2030, présentée en mars 2026 puis portée auprès des institutions européennes à Bruxelles.
L’objectif est de rendre la coopération EuroTech plus opérationnelle : rapprochement des chercheurs, constitution de consortiums, montage de projets européens, accès partagé aux infrastructures de recherche et développement de programmes communs. Plusieurs dispositifs sont déjà engagés : Visiting Researchers Programme permettant d’effectuer un séjour de recherche d’une à deux semaines dans une autre université membre et accompagnement des chercheurs d’IP Paris dans le montage de projets européens, notamment dans le cadre d’Horizon Europe.
L’alliance, qui compte actuellement six membres fondateurs s’élargira cette année à deux membres supplémentaires : CTU (Pragie) et TalTech (Tallinn).
Cette coopération se concentre sur quatre domaines technologiques stratégiques pour l’Europe : IA pour la robotique ; systèmes énergétiques ; semi-conducteurs – photonique – quantique ; biotechnologies.
IP Paris développe parallèlement des partenariats ciblés avec des institutions de premier plan en Europe, notamment KTH (KTH Royal Institute of Technology) en Suède, partenariat engagé en 2025 sur l’IA, les transitions numérique et écologique, l’innovation et les technologies stratégiques, avec l’ambition de renforcer un véritable axe scientifique franco-suédois. S’y ajoute l’AI Corridor avec Oxford et Cambridge, conçu avec HEC Paris comme un pôle scientifique de niveau mondial autour d'une IA performante, frugale et de confiance.
IP Paris participe à l’alliance EELISA (European Engineering Learning Innovation and Science Alliance), par l’intermédiaire de l’École nationale des ponts et chaussées. Soutenue par la Commission européenne, elle vise notamment à développer de nouvelles formations, à faciliter la mobilité et à faire évoluer le modèle européen de formation des ingénieurs.
« Face à la compétition technologique mondiale, l'échelle européenne est indispensable pour atteindre une masse critique. Nous voulons transformer nos alliances en collaborations scientifiques concrètes, afin de conserver les talents en Europe, de transformer davantage nos découvertes en innovations et en création d’entreprises, et surtout de préserver la capacité de l'Europe à maîtriser ses choix technologiques », affirme Thierry Coulhon.
Intensification des coopérations en Asie
Le renforcement de l’ancrage européen s’accompagne d’une nouvelle impulsion envers le reste du monde.
En Asie, l’Inde constitue un partenaire important avec des coopérations renforcées dans la recherche, la formation et l’innovation, notamment en IA. IP Paris a joué un rôle de premier plan lors des Rencontres Universitaires et Scientifiques de l’India AI Impact Summit 2026. Cette dynamique s’appuie également sur des collaborations avec de grandes institutions, notamment IIT Delhi (Indian Institute of Technology Delhi), avec laquelle l’Ecole polytechnique et Télécom Paris développent des coopérations autour de l’IA, de la recherche et de la mobilité des talents.
Au Japon, les liens se renforcent avec l’Université de Tokyo, Institute of Science Tokyo et RIKEN-AIP, à travers des partenariats qui seront signés en octobre 2026. En Corée du Sud, des collaborations en recherche et en formation avec Seoul National University (SNU) et Yonsei University seront également formalisées à l’automne.
Au-delà de ces accords institutionnels, IP Paris a pour ambition de rendre les partenariats plus opérationnels pour les chercheurs. Des mécanismes de seed funding permettent d’amorcer des projets scientifiques communs avant leur passage à plus grande échelle : 15 projets ont été soutenus cette année.
Former et attirer les talents pour répondre aux grandes transformations scientifiques et technologiques
La capacité à former et attirer les meilleurs talents, étudiants comme chercheurs, constitue un autre levier de développement d’IP Paris. 43 % de ses étudiants sont internationaux, témoignant de l’attractivité de ses formations et de son environnement scientifique.
Former aux compétences stratégiques de demain
L’ambition d’IP Paris est de former les ingénieurs, les scientifiques et les décideurs dont la France et l'Europe ont besoin et son offre de formation gagne en attractivité. Par exemple, pour cette rentrée, les Masters et PhD Tracks de l’Institut comptent 1 280 étudiants, soit 15,5% de plus en un an et 68% de plus depuis 2021.
L’enjeu est aussi d’adapter les formations compétences stratégiques et aux besoins qui émergent. L'intelligence artificielle en est un bon exemple, et ici l’offre d’IP Paris s’est fortement renforcée, grâce aux financements obtenus dans le cadre d’IA Cluster (France 2030). En 2026, plus de 1 300 étudiants seront diplômés d’un programme en IA, soit 40 % de plus qu'en 2023.
IP Paris propose désormais 24 programmes de formation en IA, dont 10 créés depuis 2023 dans le cadre de Hi! PARIS(cofondé avec HEC Paris). Surtout, tous les élèves des écoles suivent désormais au moins un enseignement d'IA appliquée.
En cette rentrée 2026, Télécom SudParis lance un nouveau certificat en intelligence artificielle intégré au cursus ingénieur, visant à former non pas seulement des utilisateurs de l’IA, mais des ingénieurs capables d’en comprendre les fondements, de concevoir et faire évoluer les modèles, tout en maîtrisant leurs enjeux éthiques et environnementaux.
Les masters of science and technology (MSc&T) « Large Language Models, Graphs and Applications » (LLGA)de l’X et « AI for Markets and Quantitative Investment » (MaQI), lancé par l'ENSAE Paris et l'École polytechnique, illustrent également le développement de formations à l’interface entre IA et disciplines d’application.
Diversifier les voies d’accès à l’excellence
Parler de talents, pose la question de la diversité et de la capacité d’IP Paris et de ses écoles membres à permettre aux jeunes, d'où qu'ils viennent et quel que soit leur genre, d'accéder à l'excellence.
Deux leviers sont notamment mobilisés. Le premier consiste à diversifier les voies d’accès aux formations d’excellence. Le cycle pluridisciplinaire d'études supérieures (CPES) Paris-Saclay, auquel IP Paris contribue, en est une illustration : sa première promotion, diplômée cet été, compte 33 intégrations dans des formations françaises et internationales de très haut niveau, parmi lesquelles l’École polytechnique, Télécom Paris, HEC Paris, CentraleSupélec ou encore KTH. Ces intégrations montrent la capacité du dispositif à préparer les étudiants à rejoindre des formations françaises et internationales de très haut niveau.
Le second consiste à mettre notre recherche, notamment en matière d’économie de l’éducation, au service de l’égalité des chances, afin de mieux comprendre les mécanismes qui éloignent encore certains jeunes, en particulier les jeunes femmes, des filières scientifiques. L’Observatoire de l’égalité des chances, lancé avec les ENS en décembre dernier, permettra de les objectiver à partir de données de long terme ; l’un de ses premiers livrables concernera la place des femmes dans les sciences. Le travail de recherche OrienteXpress, porté par Guillaume Hollard, Directeur de recherche CNRS, professeur à l’Ecole polytechnique et chercheur au CREST (UMR Ecole polytechnique, ENSAE, CNRS), vise quant à lui à améliorer l’orientation des jeunes vers les filières scientifiques. Ce projet bénéficie du soutien de la Fondation de l’X.
Attirer et retenir les chercheurs dans un contexte de concurrence internationale
Dans un contexte de forte concurrence internationale, IP Paris renforce sa capacité à attirer et retenir des chercheurs et enseignants-chercheurs internationaux, qui représentent déjà 43% de ses effectifs académiques.
Plusieurs leviers sont mobilisés. À l’École polytechnique, le programme Gaspard Monge Visiting Professor accueille chaque année, pour quatre à douze mois, des chercheuses et chercheurs de très haut niveau venus du monde entier. Hi! PARIS a également changé d’échelle : depuis 2024, il a permis de recruter 11 titulaires de chaires externes et 11 enseignants-chercheurs supplémentaires, et de financer 50 doctorants et 75 postdoctorants. En complément des dispositifs existants, IP Paris a confié à Jérôme Lesueur, directeur adjoint de l’Ecole nationale des ponts et chaussées, une mission visant à mettre en œuvre une politique d’attractivité à l’échelle de l’Institut.
L’enjeu est aussi de fidéliser les chercheurs déjà en poste en leur donnant les moyens de développer leurs travaux. 21 chaires internes ont ainsi été créées, notamment via les financements du centre Hi ! Paris.
L’accès aux financements européens constitue un autre levier majeur : les chercheurs d’IP Paris ont obtenu 10 % des bourses ERC Starting Grants attribuées en France en 2025. IP Paris entend renforcer leur accompagnement dans ces candidatures, un axe spécifique sur le sujet figurera dans le prochain contrat d’objectifs et de performance.
2026-2027 : IP Paris prépare une nouvelle étape institutionnelle
L’année 2026-2027 sera également riche sur le plan institutionnel pour IP Paris. Cela se traduira par trois échéances importantes :
- la nomination d’un Président du Conseil d’administration, commun avec l’Ecole polytechnique à l’automne 2026. Cela viendra clore le chapitre lié à l’évolution de la gouvernance lancé en septembre 2023.
- l’élaboration du Contrat d’objectifs et de performance liant IP Paris à ses deux ministères de tutelles. Il portera sur la période 2027-2031 et devrait être signé en décembre 2026.
- la transformation d’IP Paris en grand établissement, à l’issue d’une période d’expérimentation, en début d’année 2027. Le comité d’évaluation du Hcéres ayant rendu un avis favorable le 7 septembre 2026.
Ces échéances marquent une étape décisive dans la trajectoire d’IP Paris : six ans après sa création, l’Institut aborde une phase où son modèle, ses capacités scientifiques et ses alliances peuvent désormais produire pleinement leurs effets.