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Safa Gharbi et Juan Lorenzo Santana Gonzalez remportent le concours 3MT® IP Paris 2026

Le 05 juin. 2026
Safa Gharbi, doctorante au Laboratoire de physique des interfaces et des couches minces (LPICM*) et Juan Lorenzo Santana Gonzalez, doctorant au Laboratoire des solides irradiés (LSI**), ont remporté la compétition locale IP Paris du concours Three Minutes Thesis. Ils représenteront IP Paris lors de la compétition interuniversitaire du 25 juin 2026. Le public pourra alors voter pour le candidat qui l’aura le plus convaincu.
Safa Gharbi et Juan Lorenzo Santana Gonzalez remportent le concours 3MT® IP Paris 2026
Safa Gharbi et Juan Lorenzo Santana Gonzalez se qualifient pour la finale interuniversitaire 3MT

Ils étaient six à présenter leurs travaux de thèse en anglais face à un public de non spécialistes ce jeudi 4 juin dans les locaux de Télécom Paris. Tous issus des laboratoires de l’Institut Polytechnique de Paris. 

Deux d’entre eux ont su convaincre leur auditoire et le jury en présentant leurs travaux de manière accessible, claire et captivante : 

>>Safa Gharbi, doctorante au Laboratoire de physique des interfaces et couches minces (LPICM*) de l’École Polytechnique, remporte le premier prix du jury. Sa thèse intitulée « Développement d’électrolytes solides et quasi-solides haute performance couplés à des cathodes en nanotubes de carbone verticalement alignés infiltrés de soufre pour les batteries lithium–soufre de nouvelle génération », vise à rendre les batteries lithium-soufre plus performantes, sûres et écologiques en développant de nouveaux électrolytes solides capables d’améliorer leur durée de vie et leur efficacité énergétique.

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Mes travaux de thèse portent sur le développement de batteries lithium-soufre de nouvelle génération. Ces batteries présentent un potentiel énergétique bien supérieur à celui des batteries lithium-ion actuelles, mais leur déploiement reste limité par plusieurs verrous scientifiques et technologiques. Mon travail consiste à concevoir de nouveaux électrolytes solides et quasi-solides, plus sûrs et plus performants, capables d’améliorer la stabilité et la durée de vie de ces batteries. Celles-ci sont associées à une nouvelle électrode hybride nanostructurée, constituée de nanotubes de carbone alignés verticalement et infiltrés de soufre, sans additifs. J’explore également des voies plus écologiques afin de rendre ces batteries plus soutenables sur le plan environnemental. L’objectif est de contribuer au développement de solutions de stockage d’énergie plus durables, plus sûres et adaptées aux besoins de la transition énergétique. 

Qu’est-ce qui vous a motivée à vous lancer dans une thèse de doctorat dans ce domaine ?

J’ai toujours eu envie d’explorer un domaine qui me passionne et d’approfondir ma compréhension des phénomènes scientifiques. Cet intérêt s’est confirmé en 2020 lors d’un premier stage consacré aux batteries lithium-soufre, où j’ai découvert le domaine du stockage de l’énergie. Rejoindre ensuite un laboratoire de physique pour poursuivre mes recherches sur cette technologie a été une belle opportunité de combiner plusieurs disciplines à l’interface de la physique, de la chimie, des matériaux et de l’électrochimie. Aujourd’hui, cette thèse représente pour moi une réelle source d’épanouissement et me permet de contribuer, à mon échelle, au développement de technologies essentielles à la transition énergétique.

Pourquoi est-ce important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ?

Vulgariser la science permet de susciter la curiosité, d’encourager les vocations et de renforcer le lien entre les chercheurs et le public. En rendant des concepts parfois complexes plus accessibles, je souhaite sensibiliser le grand public aux enjeux du stockage de l’énergie et à son rôle essentiel dans le développement des énergies renouvelables et de la mobilité électrique. C’est aussi l’occasion de montrer comment nos travaux de recherche contribuent au développement des batteries de demain.

Que représente le concours 3MT pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ?

Le concours 3MT représente pour moi bien plus qu'un simple exercice. Il m’a permis de prendre du recul sur plusieurs années de recherche, d’en extraire les idées essentielles et de les rendre accessibles à un large public. Cette expérience enrichissante m’a également permis de développer mes compétences en communication et de partager ma passion pour la recherche avec un public plus large.

>>Juan Lorenzo Santana Gonzalez, doctorant au Laboratoire des solides irradiés (LSI**) de l’École Polytechnique, remporte le deuxième prix du jury et le prix du public. Sa thèse intitulée « Regarder l'océan quantique » cherche à comprendre pourquoi et comment les électrons s’associent pour former la supraconductivité, un état où l’électricité circule sans aucune perte,  en étudiant un état intermédiaire encore mystérieux appelé « smétal étrange ».

En quoi consistent vos travaux de thèse ?

Lorsque les électrons circulent dans un métal, ils entrent en collision les uns avec les autres et avec les atomes environnants, libérant de l’énergie sous forme de chaleur, on parle de dissipation. C’est pour cela que le chargeur de votre ordinateur portable chauffe.

En 1911, le physicien H. K. Onnes découvre que certains matériaux, lorsqu’ils sont suffisamment refroidis, entrent dans un état où la dissipation devient strictement nulle : la supraconductivité. Les électrons s’apparient en « paires de Cooper » et fusionnent dans un unique état quantique, une sorte d’océan s’étendant à l’ensemble du matériau. Les électrons individuels s’y dissolvent et circulent sans aucune résistance.

Mais nous ne savons toujours pas ce qui maintient ces paires de Cooper liées. J’étudie le comportement des électrons juste avant qu’ils ne s’apparient, dans une phase mystérieuse appelée « métal étrange », où tous les électrons dissipent exactement au même taux, fixé par des constantes fondamentales de la nature. Pour l’explorer, je pousse les électrons dans des conditions extrêmes : des températures plus froides que l’espace et les champs magnétiques les plus intenses sur Terre, afin d’observer leurs collisions et de révéler les règles cachées de leurs interactions.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans une thèse dans ce domaine ?

Deux concepts me fascinent depuis que je les ai découverts : l’universalité -  l’idée que deux systèmes en apparence sans lien peuvent obéir aux mêmes lois physiques - et l’émergence, c’est-à-dire le fait que l’assemblage d’éléments simples peut donner naissance à quelque chose de totalement inattendu, comme la vie à partir d’atomes. Ces deux notions sont au cœur de mon travail quotidien. La supraconductivité est, par nature, un phénomène émergent, et la phase de métal étrange suggère l’existence d’un mécanisme universel à l’origine de tous les supraconducteurs non conventionnels. En tant que physicien fondamental, je ne suis pas guidé par des applications immédiates, mais par la conviction que répondre aux questions les plus profondes finit toujours par être utile, même si l’on ne peut pas encore imaginer comment.

Pourquoi est-il important pour vous de vulgariser vos travaux et de les présenter au grand public ?

La physique, et en particulier la mécanique quantique, souffre d’une réputation d’inaccessibilité. Ce stigmate est problématique : il exclut de potentiels contributeurs et, surtout, il maintient le public à distance de technologies qui façonnent déjà leur quotidien. Nous vivons actuellement la deuxième révolution quantique, marquée par des avancées rapides en détection, communication et calcul quantiques. La société doit comprendre ces évolutions et pouvoir s’exprimer de manière éclairée sur leur financement et leur régulation. Au-delà de la technologie, l’écart entre nos laboratoires et la compréhension du grand public constitue un enjeu concret : dans un monde où le financement de la science et la confiance envers l’expertise sont profondément politiques, cet écart a des conséquences réelles.

Que représente le concours 3MT pour vous et qu’attendez-vous de cette expérience ?

C’est le défi qui m’a attiré dès le départ. La recherche fondamentale est difficile à communiquer : les résultats sont techniques et leur impact n’est pas toujours immédiatement visible. Résumer une thèse entière en trois minutes, où chaque mot et chaque silence comptent, est un exercice exigeant que je voulais maîtriser. La formation avec des professionnels de la communication a été une opportunité rare et précieuse. Plus largement, le format 3MT incarne exactement ce que devrait être, selon moi, la communication scientifique : courte, directe et véritablement engageante.

 

 

Un grand bravo également à Julia Castelo Pedrotti, également doctorante au LSI, qui est arrivée 3ème de ce concours, mais aussi à Juan José Garcia Cardenas, Joséphine-Agnès Kourouma et Alireza Sepidbar pour la qualité de leur présentation.

En route pour la finale interuniversitaire 

Les deux lauréats se sont qualifiés pour la finale interuniversitaire qui se tiendra le 25 juin 2026 à Télécom Paris, de 14h à 16h en amphithéâtre Thevenin.

Ils représenteront l’Institut Polytechnique de Paris aux côtés de leurs homologues de l'Université Paris-Saclay, de l'Université PSL et de HEC Paris. 

Inscrivez-vous dès à présent pour venir les soutenir le 25 juin prochain et voter pour le candidat à qui vous souhaiterez attribuer le Prix du public 2026.

 

*LPICM : une unité mixte de recherche CNRS, École polytechnique, Institut Polytechnique de Paris, 91120 Palaiseau, France

**LSI : une unité mixte de recherche CEA, CNRS, École polytechnique, Institut Polytechnique de Paris, 91120 Palaiseau, France

Les candidats de la phase IP Paris du concours 3MT
Les candidats de la phase IP Paris du concours 3MT
Alireza Sepidbar, laboratoire Navier, ENPC
Alireza Sepidbar, laboratoire Navier, ENPC
Julia Castelo Pedrotti, laboratoire LSI, École polytechnique
Julia Castelo Pedrotti, laboratoire LSI, École polytechnique
Joséphine-Agnès Kourouma, laboratoire LSO, École polytechnique
Joséphine-Agnès Kourouma, laboratoire LSO, École polytechnique
Juan José Garcia Cardenas, laboratoire U2IS, ENSTA
Juan José Garcia Cardenas, laboratoire U2IS, ENSTA
Safa Gharbi, laboratoire LPICM, École polytechnique
Safa Gharbi, laboratoire LPICM, École polytechnique
Juan Lorenzo Santana Gonzalez, Laboratoire LSI, École polyechnique
Juan Lorenzo Santana Gonzalez, Laboratoire LSI, École polyechnique