Opération CIEDS 2026 : améliorer la sécurité et la sûreté des télécoms, un enjeu de la cyberdéfense
C’est notamment l’objectif de recherches menées par des scientifiques tels que Tarak Arbi, Clément Leroy, Melek Khemir et Emanuele Piantelli encadrés par le professeur Benoît Geller, au sein de l’Unité d’Informatique et d’Ingénierie des Systèmes de l’ENSTA (U2IS). Parmi les projets de recherche menés, trois projets majeurs sont subventionnés par l’Agence de l’innovation de défense, dans le cadre du CIEDS.
Le projet CODIT2 est conduit de 2021 à 2025 par Benoît Geller, avec pour objectif de renforcer les méthodes traditionnelles de transmission d’informations dans des environnements hostiles, en particulier celles fondées sur une technique appelée étalement de spectre. Cette technique est encore utilisée à ce jour dans des systèmes tels que le GPS, certains réseaux Wi‑Fi et d’internet des objets, ou encore la 3G. Même si l’utilisation civile des réseaux cellulaires 3G et 4G est en forte décroissance au profit de la 5G, ces réseaux restent encore employés dans le domaine militaire.
En 2023, un autre projet est lancé : le projet SEPHYTEL, avec pour objectif de créer de véritables bulles de protection autour des signaux télécoms. Les résultats de ce projet pourront être utilisés, comme ceux de CODIT2, à la fois dans le domaine militaire et civil. Les comités de normalisation du Wi‑Fi travaillent à l’intégration du chiffrement spatial, une approche utilisée dans le cadre de ce projet, permettant de rendre visible une information seulement dans une direction et invisible dans toutes les autres. Dans le domaine militaire, le chiffrement spatial permettrait de rendre indétectables, dans leur environnement immédiat, des communications aériennes, ce qui constitue un enjeu important lors d’opérations militaires.
Un troisième projet, complémentaire aux deux autres, débutera en octobre 2026 : le projet FORCYBEL, avec l’ambition de mettre au point une technologie capable de résister à une quantité importante d’interférences tout en assurant une transmission discrète. FORCYBEL s’adresse, lui, à un marché exclusivement militaire. Les études menées pourraient permettre d’améliorer la transmission d’informations sur le terrain en protégeant le signal, en le rendant discret, résilient aux interférences et difficile à intercepter.
Benoît Geller n’est pas seulement professeur au sein de l’U2IS de l’ENSTA, il est également officier de réserve. Même si ces missions ne sont pas directement en lien avec son métier de chercheur, elles demeurent passionnantes et extrêmement enrichissantes, explique‑t‑il. Selon le scientifique, l’armée est une organisation sociale complète où tous les métiers ont un rôle à jouer. Il encourage donc toute personne souhaitant sortir de son quotidien et œuvrer pour une cause noble dans une ambiance fraternelle à s’engager dans la réserve.