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IP Paris et l’ENSTA inaugurent un bassin d’expérimentation air-mer à Brest

Le 24 juin. 2026
Le 24 juin 2026, l’ENSTA et l’Institut Polytechnique de Paris inauguraient un bassin d’expérimentation air-mer sur le campus brestois de l’école d’ingénieur. Particulièrement innovant dans sa conception, il permet de tester la coopération de drones et de systèmes d’observation marins tout en s’affranchissant des risques des premiers tests en haute mer. Co-financée par l’Etat et les collectivités locales, le bassin répond aux besoins académiques, industriels, civils et de défense du territoire mais aussi aux enjeux de souveraineté nationale.
IP Paris et l’ENSTA inaugurent un bassin d’expérimentation air-mer à Brest

C’est un véritable accélérateur de l’innovation maritime en robotique autonome, en systèmes acoustiques et en nouvelles technologies d’observation mobiles que viennent d’inaugurer l’Institut Polytechnique et l’ENSTA ce 24 juin 2026 à Brest. Un bâtiment de 900 m² abritant un bassin d’essai et une volière à drones de grandes dimensions s’élève à présent sur le campus breton de l’école d’ingénieurs. 

Cette nouvelle infrastructure air-mer est née du constat que la connaissance de l’océan, l’exploration des grands fonds et la surveillance maritime exigent une gamme complète de technologies aériennes, marines et sous-marinesIl tient également compte du fait que l’innovation industrielle nécessite des robots plus intelligents et plus autonomes, capables de communiquer entre eux et de réaliser des missions de longue durée. Le bassin air-mer permet ainsi d’expérimenter les méthodes théoriques et les technologies de demain, sans les risques inhérents aux premiers essais en haute mer.

Souveraineté nationale et ancrage territorial

Si le bassin s’inscrit au cœur des enjeux de souveraineté nationale, il répond également aux besoins des acteurs académiques, industriels, civils et de défense du territoire. Parmi ceux-ci figurent l’ENSTA, le laboratoire Lab-STICC*, les organismes nationaux de recherche et d’innovation, mais aussi le pôle Mer Bretagne Atlantique. 3,54 millions d’euros ont ainsi été investis par L’État (via la DGA), les collectivités territoriales (Région Bretagne, Département du Finistère et Brest Métropole) et l’Europe dans sa construction et son instrumentation. Il est également identifié comme projet stratégique du contrat de plan Etat Région Bretagne 2021-2027. 

De son côté, l’Institut Polytechnique de Paris apporte une forte expertise scientifique à travers ses centres interdisciplinaires Mers et Océan (CIMO) et Études pour la Défense et la Sécurité (CIEDS). Il inscrit également ce nouvel équipement dans un écosystème de recherche et d’innovation de haut niveau en sciences et ingénierie marine s’etendant de Brest à Paris-Saclay.

Les scientifiques du Lab-STICC et de l’UFR S2I de l’ENSTA ainsi que l’importante communauté de sciences et ingénierie marine présente en Bretagne, bénéficient à présent d’un bassin d’eau douce de 20 mètres de long sur 12 mètres de large et 6 mètres de profondeur. Sa particularité, il est entouré d’une couverture en toile laissant passer les ondes satellites et radio. Ce choix technique permet aux drones et autres dispositifs expérimentaux de capter les signaux GPS à l’intérieur du bâtiment. Enfin, il est de plus surplombé par une volière pouvant atteindre 5 mètres de hauteur, d’un fond amovible et de multiples moyens de mesures. 

Projets scientifiques d’envergure

Grâce à ce nouveau bassin, les équipes scientifiques du campus brestois de l’ENSTA disposent d’une complémentarité de moyens expérimentaux en mer et sur terre répondant aux besoins de connaissance et de modélisation de l’Océan. Le dispositif autorise en effet l’étude des nouvelles méthodes et technologies d’observation comme la robotique autonome multi-milieux ou encore les systèmes acoustiques. D’autres domaines liés aux communications aériennes et sous-marines mais aussi au traitement des données (capteurs, IA), y seront également passés au crible. 

Plusieurs projets de recherche d’envergure sont d’ailleurs d’ores et déjà menés sur place. Ils concernent par exemple la mise au point d’une flotte de robots marins dédiée à l’étude de la cybersécurité des meutes de drones (RACAM) et un programme de plusieurs flotteurs autonomes pour l’exploration des grands fonds (ID-GF). D’autres expérimentations sont dédiées au développement d’une nouvelle technologie de profileurs sous-marins (EMOI), d’un système de docking pour robot ravitailleurs sous-marins (AUVr) ou encore d’une flotte de robots coordonnés pour manipuler des objets lourds sous l’eau (MOSTS).

Le bassin d’expérimentation air-mer de Brest ouvre ainsi la voie à une multitude d’applications, depuis la défense et la sécurité en mer jusqu’à la veille environnementale marine en passant par les énergies marines et le transport maritime. Il couvre également la modélisation et la surveillance des fonds marins et des littoraux ou encore l’exploration et la description des grands fonds.

* Lab-STICC : une unité mixe de recherche CNRS, IMT Atlantique, ENSTA, Université de Bretagne Occidentale, Université Bretagne Sud, École Nationale d'ingénieur de Brest, Institut Polytechnique de Paris, 91120 Palaiseau, France.